La figure du « bon pasteur » est une image royale qui apparaît à Sumer au iiie millénaire et met l’accent sur la justice du souverain. C’est sous Hammurabi et ses successeurs (xviiie-xviie siècles av. J.-C.) qu’on en connaît avec le plus de détails les conséquences concrètes : remises de dettes, restitutions de biens et libération d’esclaves lors de l’avènement d’un nouveau roi. Ces mesures avaient une traduction idéologique que l’on peut suivre en Mésopotamie du iiie au ier millénaire. Idéologie et pratique se sont prolongées dans la Bible avec l’année sabbatique et le Jubilé, Jésus ayant repris cet héritage à son compte. Les amnisties liées en France à l’élection du président de la Ve République en sont un lointain écho, tandis que le mouvement pour l’abolition des dettes des pays en voie de développement, qui a culminé en l’an 2000, se rattache explicitement aux prescriptions bibliques.
Mots-clés : Mésopotamie, Bible, justice, idéologie royale, abolition des dettes, année sabbatique, jubilé
The “good shepherd”, from Sumer to Jesus and beyond
The figure of the “good shepherd” is a royal image that appeared in Sumer in the 3rd millennium, emphasizing the sovereign’s justice. It was under Hammu-rabi and his successors (18th-17th centuries B.C.) that its concrete consequences are best known: debt remission, property restitution and the freeing of slaves upon the accession of a new king. These measures had an ideological expression that can be traced in Mesopotamia from the 3rd to the 1st millennium. Ideology and practice were extended in the Bible with the Sabbatical year and the Jubilee, Jesus having taken up this legacy. The amnesties linked to the election of the President of the Fifth Republic in France are a distant echo, while the movement to abolish the debts of developing countries, which culminated in the year 2000, is explicitly linked to biblical prescriptions.
Keywords: Mesopotamia, Bible, justice, royal ideology, abolition of debts, sabbatical year, jubilee